Eduquer à la photoprotection

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Une personne sur cinq sera confrontée à un cancer de la peau avant l'âge de 75 ans, pointe la Fondation contre le cancer, qui tire la sonnette d'alarme face à une explosion de cas au cours des dernières décennies. En 2019, le cancer de la peau représentait 40% de tous les cancers (invasifs) enregistrés en Belgique, loin devant le cancer du sein (10%), de la prostate (9%), du poumon (8%) et de l'intestin (7%).

Au total, 45.733 nouveaux cas de cancers de la peau ont ainsi été diagnostiqués. Et d'ici 2030, ce ne sont pas moins de 80.000 cas qui seront découverts, car cette explosion de l'incidence mettra de nombreuses années à être bridée, souligne le Dr Didier Vander Steichel, de la Fondation contre le cancer. La protection solaire et le dépistage sont donc aujourd’hui un vrai enjeu de santé publique. Afin de mieux comprendre les habitudes solaires de la population, La Roche-Posay vient de mener avec Ipsos une étude épidémiologique de grande ampleur, unique en son genre, auprès de 17 000 personnes, dans 17 pays.

L’étude, présentée en avant-première à Boston dans la session»  de laRéunion Annuelle 2022 de American Academy of Dermatology, révèle notamment que les  habitudes  de  protection  solaire  restent  clairement  insuffisantes,  une  grande  partie  de  la population mondiale étant mal informée des risques liés à l’exposition solaire  et ayant adopté de mauvaises habitudes en matière de protection solaire. 57  %  des  personnes  interrogées  déclarent regretter  de  ne  pas  s’être  protégées  davantage  des  risques  solaires  par  le  passé. 

Protection solaire : de mauvaises habitudes et idées reçues qui ont la peau dure

88 % des répondants n’utilisent pas systématiquement de mesures de protection lors de leur exposition au soleil, et 15 % n’utilisent jamais de crème solaire.  Près de la moitié des répondants ne pensent pas que les crèmes solaires protègent efficacement du cancer de la peau (50 %) et même des coups de soleil (40 %).

Cette protection insuffisante serait en grande partie liée à des idées reçues selon lesquelles :

-  Il ne  serait  pas  utile  de  se  protéger  par  temps  nuageux  ou  pendant  l’hiver.  Ainsi,  77  %  des

répondants à l’échelle mondiale ont déclaré ne pas se protéger du soleil tout au long de l’année,

mais seulement lors des journées chaudes et/ou leurs vacances ;

-  Les personnes déjà bronzées auraient moins voire plus du tout  besoin de se protéger (selon 44

% des répondants) ;

-  Il ne serait pas indispensable de renouveler l’application d’une protection solaire. Seuls 26 % des

répondants l’appliqueraient régulièrement, c’est-à-dire a minima toutes les deux heures.

De plus, seuls  12 % des répondants et 19 % des personnes de phototype 1  (peau très blanche  et très sensible, cheveux et yeux clairs),  utilisent toutes les  protections nécessaires lors de leur exposition au soleil. Outre la crème solaire, cela concerne : le fait d’essayer de rester à l’ombre (77 % des répondants), d’éviter de s’exposer entre midi et 16h (66 %), de porter des lunettes de soleil avec filtres UV (56 %), de se couvrir la tête (55 %) ou encore de porter des vêtements protecteurs (44 %).

Selon le Pr Thierry Passeron, dermatologue à Nice, France : « Cette grande  étude épidémiologique menée à l’échelle internationale était indispensable pour mieux comprendre les habitudes de photoprotection des populations.  Elle démontre un vrai  besoin  d’éducation,  tant  au  sein  de  la  population  générale  que  des populations dites « à risque », qui même si elles se protègent mieux, ont des connaissances limitées sur les risques  du  rayonnement solaire.  Cette étude démontre notamment que 61 % des répondants méconnaissent les différences entre les UVA et UVB !».

Une population mondiale qui sous-estime souvent l’importance de la prévention

Si 88 % des répondants se disent conscients du fait que le soleil peut provoquer des problèmes cutanés et 81 % qu’il accélère le vieillissement de la peau, ils sont pourtant loin d’agir en conséquence. Alors que l’auto-surveillance de  la  peau favorise  la  détection  précoce  d’éventuelles  lésions  cutanées, notamment en cas d’apparition de tâches brunes le grand public dispose souvent de connaissances limitées en la matière et ne sait  souvent pas dans quel cas consulter un dermatologue.  De plus, 76  % des répondants ont déclaré ne pas régulièrement  –  voire

jamais - consulter de dermatologue pour surveiller leurs grains de beauté !

Face à de tels chiffres, les défis d’éducation sont de taille !